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Le béret... un trésor national

Chapitres :

André RiuSymbole emblématique reconnaissable entre tous, le béret est tellement indissociable de la culture nationale qu’au même titre que la baguette et le saucisson, il fait presque partie de l’ADN français. Les techniques de fabrication, quasiment inchangées depuis l’origine, continue de produire des articles de qualité artisanale à partir de matières premières de première qualité, depuis le fil de laine mérinos jusqu’au cuir de la Montagne Noire.

Mais ... attention, le béret ne fait pas le Gascon. Celui ou de celle qui l'arbore révèle par contre, par sa manière particulière de s'en couvrir le chef, sa personnalité ou l'image qu'il veut communiquer. Avec son béret sur la tête, Hemingway ressemblait à un écrivain américain et Malraux à un intellectuel français quant à l’abbé Pierre il avait l'allure… du saint homme qu'il était … respect et admiration!!!

Notre concitoyen André Riu porte son large béret "à la gasconne", bien enfoncé ( pas question de laisser le précieux accessoire s'envoler au moindre "Ventolat" ) et tiré vers l'avant . Il a coutume de dire que grâce à la forme qu'il lui donne ( un peu comme un toit à deux pentes ) son béret le protège aussi bien du soleil que de la pluie.

beret gasconLe béret qui symbolisait au départ l’identité basco-béarnaise à l’échelle de la France, fut vite devenu l’emblème des Français à l’échelle mondiale. En effet, grâce à la diaspora basco-béarnaise installés dans les 5 coins de la France, le béret s’adapte sur toutes les têtes. Il reflète la personnalité de chacun en fonction du choix de la forme, de la couleur et de la manière de le porter. En effet, avez-vous remarqué qu’il souligne parfaitement la détermination de Che Quevara, la créativité de Pablo Picasso, l’élégance de Catherine Deneuve et le côté protecteur de l’abbé Pierre ?


par "Lou Georges dou Cadet" *

Version française

La chanson du béret

I

Chaque pays possède sa coiffure :

Le marocain porte un Fez rigolo,

Le brésilien ne manque pas d’allure,

En arborant son brave sombréro !

Le bon bourgeois, ce n’est pas un reproche

Porte un chapeau, tant mieux si ça lui plait,

Moi, mon chapeau, je le mets dans ma poche,

Je suis Gascon, et porte le béret.

II

Notre béret, c’est toute la Gascogne,

Et pour chanter « nosté bét cèou dé Paou »

Nos montagnards aux jambes de cigogne,

Avec orgueil le portent en haut « ataou »

Et avec ça c’est tellement pratique,

Quand M’sieur l’curé sur la rout’apparait

Ou le paysan dépose-t-il sa chique ?

Mais ‘Bon Dieu’ mais c’est dans son béret.

III

Le béarnais aime le mettre en pointe,

Le basque, lui, le met sur l’occiput,

Et le landais, sans reproche et sans crainte,

Le pose ainsi quand il veut dire « zut »

C’est tout petit, mais c’est une merveille :

Pour réfléchir c’est ainsi qu’on le met

Et pour craner on l’accroche à l’oreille,

Quel orateur, ce coquin de béret

IV

Quand grand papa travaille dans la vigne,

Et qu’à l’église on sonne tant et plus,

Pour la prière il l’enlève et de signe,

Plus de béret, quand sonne l’angélus.

Les parisiens dont l’enfant n’est pas sage,

Pour le fesser prennent un martinet,

Un martinet ! c’est un truc de sauvage,

Nous on lui flanque un bon coup de béret.

V

Lorsqu’à Bayonne on joue à la pelote,

C’est son béret que l’on jette au vainqueur,

Et ce béret c’est pas de la "gnognote",

Puisque dedans on a mis tout son cœur !

Et le dimanche, il fait bon qu’on le sache,

A la plazza ça fait beaucoup d’effet,

Nos jeunes gens vont exciter la vache,

Pour la sauter « pieds joints » dans le béret.

VI

Votre béret a fait le tour du Monde,

Tous les champions qui battent un record,

L’ont adopté sur la terre et sur l’onde,

Car un béret, ça tient coquin de sort.

Malgré le vent et malgré le cyclone,

Il est solide, et peut-être qui sait ?

Alphonse XIII aurait gardé son trône,

S’il avait eu pour couronne un béret.

VII

Quand le conscrit quitte sa fiancée,

C’est le béret qui rythme les adieux,

Quand il est loin, seul avec sa pensée,

C’est au béret qu’il parle avec les yeux.

Je ne veux pas vous parler de la guerre,

Quelques grincheux me le reprocheraient,

Mais vous savez tout ce qu’ils ont pu faire,

Les petits gars qui portaient le béret.

Georges dou Cadét

Version en Gascon

La cansoun dou bèrét

I

Cado païs poussèdo sa couèffuro :

Lou marocain porto un fèz rigolo

Lou brésilièn nou manquo pas d’alluro

En arbouran soun brabé soumbréro !

Lou boun bourgés, aco ni pas réproché

Port’un chapèou, tan méillou sé lou plat

Jou, lou chapèou, lou bouti à la pocho,

Qué soy gascoun, é porti lou bèrét.

II

Nosté bèrét, qui touto la Gascougno,

Et pèr canta « nosté bèt cèou dé Paou »

Nostés mountagnards à la camos dé cigougno

Dabé orguil lou porton én haout « ataou »

Et dab aco y tèlomén pratiqué,

Quant moussu curè sur la routo apparéch,

Oun lou paysan paouzo t’il sa chiquo ?

Més « diou biban » qui diguén soun, bèrét.

III

Lou béarnés aymo lou boutà én punto,

Lou basquou, ét, lou bouto sur l’occiput,

Et lou landés sénsé réprochés ni crénto

Lou paouzo ataou, qu’an bo dizé « zut »

Qui tout pétit, més qui uo mèrvèillo,

Entà réfléchi, qui ataou qué lou boutan,

Entà « crana » l’accrouchan à l’aouréillo,

Qu’in oratur, aquét couquin dé bèrét.

IV

Quand lou papi trabaillo à la bigno,

Et qu’a la glèyzo sounon tant et plus,

Entà la prièro se déscoubrich, et sé signo,

E nat bérét quand souno l’angélus.

Lous parisièns doun lou dronlé ni pas satgé,

Entaou houata prénguén lou martinét,

Un martinét ! Yun truc de saouatgé,

Nouz’aous lou flanquan un boun cop de bérét.

V

Quand à Bayouno joguon à la péloto,

Qui soun bérét qué jétton aou gagnan,

E aquét bérét i pas de la gnognotto,

Pusqué diguén y aouén boutat lou co !

E lou diménché, qué hai bén qu’és sabio,

A la plazza qué hai un boun éffèt,

Nostés jouéns exciton la baco,

Entà la saouta « pè-jouéns » diguén lou bérét.

VI

Bosté bèrét à hèyt lou tour dou moundé,

Tous lous champious qué battén un récord,

L’an adouptat sur la tèrro é sur las oundos,

Pramou un bèrét, qué téns couqui dé sort.

Malgré lou vént é malgré lou cyclono ,

Qu’éy soulidé, é qui bélèou sap :

Alphonso trétzé aouré guardat soun trono

Saouè agut pèr courouno un bèrét.

VII

Quand lou counscrit quitto sa fiançado,

Qui lou bérét qué rythmo lous adious,

Quand y louy, soul dabé sa pénsado,

Qui aou bérét qué parlo dambé lous ouéils.

Nous bous baou pas parlà dé la guèrro,

Quaouqués grinchous m’at réprochérén,

Més sabéts touts ço qu’an poudut hai,

Aquéts drounléts qué pourtaouon lou bérét.

( Traduccioun dou Georges dou Cadét )

*Extrait de l'excellent site de "Lou Georges dou Cadet" que nous vous invitons à visiter sans tarder. Qu'il soit chaleureusement remercié pour son apport à notre belle culture Gasconne.
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