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Informations

Une histoire multi-centenaire

Chapitres :

Petite chronique fourcésienne ou… la vie à Fourcès au 19ème siècle...

Au début du 19ème siècle, Fourcés était une bourgade assez importante de plus de 1100 habitants et de nombreux artisans et commerces. Le dénombrement transmis à la préfecture le 18 avril 1891 recensait encore "775 individus pour 209 maisons et 210 ménages". Aujourd'hui, Fourcés ne compte plus que 285 habitants (recensement de 2014) et, fort heureusement, il subsiste encore une douzaine de commerces dont une épicerie "multiple rural", cinq artisans.

La Garde Nationale

Elle est signalée dès le 24 août 1791 par un rassemblement de la troupe "sur la Place d'Armes de Fourcés" afin que les gardes nationaux prêtent serment de fidélité au royaume en ces termes "Je jure fidélité au roi des français, obéissance à la charte constitutionnelle et aux lois du royaume".
Au recensement de 1828, il y eut cependant à Fourcés 8 exemptés sur 11 recensés... Les motifs d'exemption étaient alors souvent la taille, seuls étaient retenus les hommes de "taille normale" c'est à dire comprise entre 1,50 m et 1,70 m, les autres étant réformés pour "défault de taille", autres motifs d'inaptitude : les "fils naturels" ou les "fils de vieillard de plus de 70 ans", les "estropiés par chevauchement d'orteils" et les rhumatisants.

Extraits des délibérations des Conseils Municipaux

Santé publique et fumiers...

- Délibération du 24 mai 1832
"Considérant la malpropreté qu'il y a dans notre ville, occasionnée par des fumiers qui se trouvent sur la place, par des eaux qui y séjournent et par des latrines dont les conduits donnent dans les rues, il est décidé la création d'un Conseil de salubrité et la nomination de Joseph L., Jean F., et Bernard L. médecin à Fourcés, qui veilleront à la propreté des lieux"...

- Délibération du 13 juin 1841 :
"Il est décidé de faire enlever au plus vite les tas de fumier qui croupissent sur la place publique ainsi que les terreaux et de procéder au nivellement du centre du village pour faciliter l'écoulement des eaux fétides qui mettent en danger la santé publique"...

Balayer devant sa porte !

- Arrêté du 12 janvier 1859 :
"Afin d'en terminer avec les abus et manquements au devoir civique d'hygiène publique, arrête :
1 - Chaque propriétaire ou locataire est tenu de balayer la moitié de la rue devant sa maison, boutique, cour, jardin et autres emplacements et dépendances.
2 - Nul ne pourra pousser boues, balayures et immondices devant la propriété de ses voisins et chacun veillera à les mettre en tas devant chez lui sur le bord de la rue
3 - Le balayage, tel que prévu ci-dessus, devra être effectué le JEUDI et le SAMEDI de chaque semaine avant 8 heures du matin. En cas d'inexécution ce balayage sera effectué d'office aux frais des propriétaires et locataires.
4 - Il est interdit aux propriétaires et locataires d'enlever à leur profit les boues, immondices et déjections animales sur la voie publique, lesquels sont la propriété exclusive du fermier"

Cochons en liberté !

- Délibération du 17 septembre 1848 :
"Considérant les graves dégradations causées par les cochons en liberté dans le village et qui endommagent les pavés récemment réparés, il est décrété que chaque animal sera pénalisé de 5 journées de travail pour son propriétaire qui devra réparer les chemins vicinaux. Cette amende sera doublée en cas de récidive et cette fois payée en argent"...

Inconvenance !

- Arrêté du 28 juin 1857 :
"Vu les plaintes concernant l'inconvenance commise par certains jeunes gens en allant se baigner le jour dans la rivière en un lieu découvert en vue du village et considérant qu'il est de toute bienséance d'éviter de pareilles atteintes à la bonne morale, arrête :
1 - Il est expressément défendu, dès Aujourd'hui, de se baigner pendant le jour dans un lieu apparent à moins que ce ne soit à une grande distance du village. Tout ce qui est dit cornières étant compris dans la présente interdiction comme trop rapproché.
2 - Le garde-champêtre veillera à la bonne exécution du présent arrêté.

Voyeurisme ?

- Délibération du 25 mai 1892 :
Le Conseil Municipal décide à l'unanimité "la plantation d'une haie vive dans le jardin du presbytère pour départager le lot de Monsieur le curé de celui de Mademoiselle G. institutrice, afin d'éviter tout moyen de communication"...

Gare au pain !

- Délibération du 15 août 1897 :
Le conseil municipal signifie aux deux boulangers de Fourcés, les sieurs Alban R. et Arnaud L."que le pain vendu doit avoir le poids indiqué pour la vente et le degré nécessaire de cuisson à peine de remontrance publique"...

Sécurité publique !

- Arrêté du 1er juin 1857 :
"Il est défendu dès ce jour de faire galoper ou trotter les chevaux à l'intérieur du village de Fourcés et principalement lorsqu'on les conduit à l'abreuvoir ou que l'on en revient"

- Arrêté du 15 juin 1897 :
"Tout vélocipède doit être muni d'un appareil sonore avertisseur dont le son puisse être entendu à cinquante mètres*, et qui sera actionné aussi souvent qu'il sera besoin"

*Précision due à l'usage immodéré des avertisseurs, sans doute..?

- Arrêté du 10 septembre 1902
"La prescription de l'arrêté du 15 juin 1897, relative à la circulation des vélocipèdes sur les voies publiques, ne s'applique pas aux engins conduits à la main"

Gare aux poules !

- Délibération du 15 novembre 1898 :
"Considérant que des plaintes ont été portées à l'administration municipale contre les dommages causés par la volaille aux habitants du village de Fourcés, que cette volaille nuit également à la beauté et à la propreté de la place publique qui est un lieu de promenade,
arrêtons :

Article I - Il est expressément défendu de laisser circuler sur la place publique de Fourcés les poules, poulets, dindons, oies, canards et autres animaux de basse-cour.

Article II - Le garde-champêtre de Fourcés est chargé de veiller à l'exécution du présent Arrêté et de constater les contraventions par procès verbal.

Cette petite chronique de la vie fourcésienne est extraite des archives de la commune recueillies et compilées par Mr Pierre CHEYROUX puis reprises, complétées et mises en formes ( Livre, livrests, plaquettes, fascicules ) par Mr Robert "Guus" ALAERS.