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Une histoire multi-centenaire

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Autre page d'histoire...

Ou mémoires de la Résistance...

Nous sommes en 1942, deuxième année sombre de "la sale guerre" pour la France occupée par les armées Allemandes.

A Fourcès, on vit comme on peut avec les cartes de restrictions, les nouvelles de la guerre devenue mondiale et l'espoir de voir tout cela finir. C'est en novembre de cette année là que quelques Fourcésiens sont entrés dans la Résistance active.

Leur PC, la cuisine du Café-Epicerie-Forge d'Alice et Joseph Darroux.
Là, se retrouvent avec Joseph et Alice, quelques amis sûrs contactés, Eloi Castay, Danton Filhol, Sainte Fauste et Bacquié l'instituteur du village. Ils sont rejoints, quelques temps plus tard, par deux autres jeunes Fourcésiens Yvan Dupeyron et Paul Pailhes.

C'est au lieu-dit "Lacave" ferme éloignée du village tenue par la famille Labadie que leur choix s'est porté pour la désignation d'un terrain de parachutage voire d'atterrissage si nécessaire. En réalité, c'est pendant toute la durée de l'occupation Allemande que cette courageuse famille de paysans gascons allait recueillir clandestins, aviateurs Anglais ou même Polonais, armes et munitions et ce, malgré les risques encourus.

Le premier parachutage à Fourcés eut lieu en juin 1943 (message émis par la BBC à Londres : "La casserole rouge est sur la table"), il fut suivi de bien d'autres jusqu'à la Libération. Une nuit, l'un de ces parachutages faillit mal se terminer. L'avion volant trop bas accrocha la cime des pins et s'écrasa dans la forêt. Heureusement, les 15 containers d'armes et de matériel furent récupérés par les résistants et les sept aviateurs sauvés, soignés puis cachés chez les Labadie, ainsi qu'au village, dans le grenier du café d'Alice et Joseph Darroux.
Malgré les patrouilles de recherche Allemandes à l'origine de bien des sueurs froides chez nos amis résistants, les sept aviateurs purent être acheminés vers l'Espagne et regagner Londres.

reseau hilaireC'est en novembre 1943, lors d'un parachutage, que fut trouvé dans un container un message en français remerciant la famille Labadie avec "une grosse bise pour Alice"... Le 3 janvier 1944, on amena à Alice Darroux 15 évadés de la prison d'Eysses en tenue de bagnard qui furent cachés à la ferme Labadie jusqu'à leur acheminement en Espagne via les Pyrénées.

Le groupe s'était structuré dans le maquis gersois avec à sa tête le commandant anglais "Hilaire" venu de Londres et qui appréciait, dans l'arrière cuisine du café, le "tourin blanchi" d'Alice Darroux.

Bien des péripéties et des drames furent encore vécus par les résistants fourcésiens au cours de cette période héroïque, notamment le 21 juin 1944, lorsqu'une colonne allemande attaqua le cantonnement du maquis à Castelnau s/Auvignon et où onze maquisards et trois civils furent tués.

Rendons hommage à ces combattants de la liberté et à Alice, aujourd'hui disparue, qui nous a laissé ce témoignage sur quelques feuillets, afin dit-elle "que l'oubli ne jette pas un voile sur une époque où notre vie s'est déroulée dans des conditions hors du commun et que mes enfants et petits enfants puissent en reparler de temps en temps en pensant à "Alice".
Alice Darroux est décédée à Fourcés le 6 janvier 1997 à l'âge de 92 ans.
Ces quelques extraits sont tirés de ses "Mémoires de la Résistance à Fourcés" avec l'autorisation de la famille Darroux.